Air : les bonnes pratiques
La pollution aérienne est un des impacts sanitaires et environnementaux les plus graves du secteur du travail des métaux. C’est pourquoi il est essentiel de lutter contre ces pollutions, et d’adopter les bonnes pratiques pour les réduire au maximum.
Pour tous les procédés
- Dès que c’est possible techniquement, installer une aspiration localisée au plus près des postes de travail émettant des polluants. Des dispositifs comme des bras articulés sont adaptés, à condition de respecter certaines règles pour leur mise en place et leur utilisation.Les torches aspirantes pour le soudage en sont un excellent exemple : elles peuvent capter près de 80% des gaz formés à la source !
- Installer une ventilation avec un débit suffisant pour toutes les zones de l’atelier non concernées par les captages localisés. Il vaut mieux éviter le recyclage de l’air extrait dans l’atelier, car c’est souvent un moyen de réintroduire des polluants dans l’atelier.
- Utiliser des équipements de protection individuelle (EPI), adaptés pour chaque tâche à effectuer. Par exemple pour une tâche qui génère de la poussière, il faut prendre des masques de type P2.
- L’interdiction de fumer dans les locaux de travail doit être absolument respectée. En effet, la nicotine empêche le corps d’évacuer correctement les poussières qu’il a inhalées.
Nettoyage de métaux
L’emploi de produits moins toxiques permet, à efficacité égale, de rejeter moins de polluants dans l’atmosphère. Il est donc très intéressant de rechercher des produits de substitution plus respectueux de l’environnement.
L’utilisation d’une fontaine de dégraissage biologique permet par exemple de limiter les rejets en Composés Organiques Volatils (COV), par rapport à une fontaine classique.
Des instituts européens tels que l’INRS ont créé une base de données comparative pour le nettoyage des métaux. Les critères santé et environnement y sont largement pris en compte, avec des aspects techniques et financiers. Pour vous aider à trouver des solvants de substitution, visitez le site internet www.cleantool.org.
Usinage et débit
- Il faut privilégier des techniques de travail humidifiant les poussières. Celles-ci seront plus lourdes et resteront donc moins en suspension dans l’air. De plus, elles seront plus facilement éliminées lors du nettoyage de l’atelier.
- Si des disques abrasifs diamantés existent pour une machine, il faut les privilégier. Le diamant étant la matière minérale la plus dure, il n’y aura aucun abrasif dégagé dans l’atmosphère, avec de tels outils. Cela existe par exemple pour le tronçonnage.
Soudage - brasage
- Installer une cabine de soudage, afin de capter les fumées au plus près de leur point d’émission.
- Choisir un procédé de soudage moins polluant : par exemple un procédé comme le MIG est intéressant quand on peut utiliser une torche aspirante.
- Lorsqu’un procédé utilise plus de courant, il émet proportionnellement plus de gaz et de fumées. Dans ce cadre, le soudage sous flux est bien plus respectueux de l’environnement.
- De même, le métal d’apport sera choisi parmi les moins polluants.
- Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez la fiche « Le soudage et l’environnement » de l’Institut Belge de Soudure.
Attention : le conseil de boire du lait après une intoxication aux fumées ou gaz de soudage ne doit pas être suivi ! C’est un mauvais conseil, car l’absorption d’un aliment (lait, eau ou autre) peut au contraire aggraver l’intoxication.
Dépose d’anciens ouvrages
- Une évaluation avec éventuellement analyses doit être effectuée avant toute dépose, afin de déterminer si les professionnels risquent d’être exposés à des substances dangereuses (plomb…), et de quelles substances dangereuses il s'agit.
- Une fois les polluants présents connus, des mesures de précaution devront être prises avant le chantier : protections collectives et/ou individuelles.
Lubrifiants (fluides de coupe et huiles)
- Il est important de se protéger des aérosols des fluides de coupe. Pour connaître toutes les consignes pour protéger votre peau contre ces produits, consultez le dépliant de l’INRS « Fluides de coupe : protégez votre peau ».
- Les bains d’usinage doivent être changés plus souvent, au bout de quelques semaines. Cela limite la prolifération des bactéries et autres microorganismes, en plus de limiter les odeurs.
- L’emploi de lubrifiants de substitution est la meilleure des solutions, quand elle est possible. Par exemple, pour éviter les risques liés au cobalt, utilisez des fluides de coupe qui ne dissolvent pas ce métal. Préférez les fluides à pH modéré, et faiblement concentrés.
Emploi de solvants
- Choisir chez les fournisseurs des solvants de substitution, moins toxiques.
- Fermer les bidons et fûts de solvants, dès qu’ils ne sont pas utilisés.
- Respecter les consignes de stockage pour produits dangereux : local à l’abri et ventilé, éloigné de toute source de chaleur et d’étincelles, étiquetage approprié, pas de stockage près de produits incompatibles, rétentions pour éviter les pollutions de sol…
- De même, respecter les consignes des fabricants en matière de manipulation de ces produits.
Nettoyage des locaux et gestion des déchets
- Qu’il s’agisse de poussières, d’écailles de peinture (surtout quand elles contiennent des polluants comme le plomb), ou de solvants usagés, il faut gérer ces déchets correctement pour qu’ils ne polluent pas. Retrouvez des conseils sur la page dédiée.
- Les poussières ne doivent en aucun cas être balayées, il faut les aspirer.